Paris pleure.

PrayforParis

Au début, une simple info, que l’on sort au milieu du repas. “Tiens, encore une fusillade sur Paris !“.

Et puis, on arrive au bar, toutes les télévisions branchées sur les infos. Il parait qu’ils sont au Bataclan. “Tiens, ça me rappelle ce concert… J’espère qu’ils ne vont pas faire les cons et tirer sur eux”.

Les médias nous ont habitués aux catastrophes, on n’y prête plus vraiment attention. La soirée passe, les télévisions sont éteintes, on boit, l’espace de quelques heures, on oublie un peu. Et puis on rentre, on va se coucher.

J’ouvre Twitter, et c’est bien pire que Facebook… Je vois défiler des dizaines de visages, qui étaient au concert à ce moment-là. Les gens demandent des nouvelles, mais leur Twitter reste désespérément vide. Il y a aussi ceux qui proposent leur maison, et ceux qui sont perdus dans Paris…

Je suis horrifiée.

Tous ces visages. Ça aurait pu être moi. Ça aurait pu être toi. Nuit blanche.

Ce matin il faut se lever, mais je n’ai pas tellement la foi de me préparer. Ces visages me hantent.

Je me souviens bien du Bataclan, c’est tout petit. Ils disent 100 morts. Ces visages me hantent car je sais qu’il n’y a pas la moitié d’entre eux qui seront encore la ce matin.

Qu’on ne me dise pas que c’est “comme Charlie Hebdo”. Ça ne l’est pas. C’est un bain de sang gratuit.

Mais bon, comme toutes les catastrophes, aujourd’hui on pleure, et demain des centaines de gens relativiseront, crieront au complot, que nos états ne valent pas mieux ailleurs. La haine ne conduit qu’à la haine.

Qu’importe.

Demain est un autre jour.

Aujourd’hui il faut pleurer ces personnes et les centaines d’autres qui sont leurs parents, leurs enfants, leurs frères, leurs sœurs, leurs amis.

Prions pour l’humanité.